Angoulême fête tous les métissages du 6 au 8 juin

Trente-neuf éditions, trois scènes pour vingt-cinq spectacles et des centaines d’artistes, une quinzaine de pays, 40 000 festivaliers, des sons et des mots, des images : pas de doute, à près de quarante printemps, Musiques métisses n’a rien perdu de sa vigueur et compte bien plus que jamais s’imposer comme un grand festival pour tous. Trois jours et trois nuits bouillonnants, à ne pas manquer, du 6 au 8 juin.

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Organisé autour d’un village, mais un village mondial, carrefour des cultures plutôt que clocher, le festival Musiques métisses se définit comme un espace de circulation, comme un passeur. Passeur de sons, de mots, de langues, d’hommes et de femmes qui se jouent des frontières pour célébrer le plaisir d’être ensemble et de créer ensemble.

Alchimie musicale

Ibrahim Maalouf (photo Denis Rouve)

Ibrahim Maalouf (photo Denis Rouve)

Au programme, un grand voyage artistique, musical mais pas seulement, à travers l’Afrique, surtout, mais aussi aux Antilles, en Jamaïque, au Liban, avec des escales en Amérique latine. Oubliez les distances, ici les cultures s’entrechoquent et dialoguent, entre elles et avec le public.

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Ayo (photo Kate Barry)

Sur scène, pendant trois jours, vont se succéder la fine fleur des artistes et des collectifs qui refusent les frontières et l’enfermement dans des genres musicaux : la légende du reggae jamaïcain Winston McAnuff et l’accordéoniste de Java Fixi présentent leur dernier album, qui fusionne sans complexe les styles ; les membres du collectif anglo-venezuélo-ghanéo-nigérian Family Atlantica créent une alchimie sonore audacieuse et envoûtante ; Fanfaraï mêle joyeusement les influences et fait danser la grande scène au son de ses cuivres et ses percussions ; le trompettiste libanais Ibrahim Maalouf part en guerre contre les frontières des genres avec son dernier album Illusions (qui lui a valu une Victoire de la musique 2014) ;  les 15 membres du collectif français Danakil  imposent leur reggae intelligent et humaniste ; la chanteuse germano-nigériane Ayo, qu’on ne présente plus, interprète son quatrième album Ticket to the World… Et puis aussi du ska, du reggae (et même du mento, leur ancêtre, avec le retour des Jolly Boys, plus de trente ans après leur séparation), du jazz, de l’afrobeat… et la fantastique alchimie qui résulte de leur fusion.

Danakil (photo Julie Arnoux)

Danakil (photo Julie Arnoux)

Littérature et spectacles au village

Mais dans ce « Village » pas comme les autres, il n’y a pas que la musique, qui est métisse. « Le monde est dans leurs livres », dit Bernard Magnier, spécialiste de littérature africaine, des invités du festival. Il est aussi sur la scène de Littératures métisses, qui accueillera, entre autres, la Rwandaise (établie en Allemagne) Esther Mujawayo, le Colombien Santiago Gamboa, le Franco-congolais (et résident américain) Alain Mabanckou, les Françaises Valentine Goby et Paola Pigani ou le Mauricien Amal Sewtohul. Pendant toute la durée du festival, ils viendront donner leur vision sensible des drames intimes et collectifs, de l’enfance, des îles, de l’histoire, mais aussi de l’écriture, de la négritude, du polar… Plus d’une quinzaine de rendez-vous à ne pas manquer.

Esther Mulawayo-Kleiner at the Women's World Awards 2009 in Vienna

Esther Mulawayo

Enfin les plus jeunes ont aussi leur scène, le Misticric, où ils pourront voir des spectacles spécialement pour eux : de la danse contemporaine avec Surukou et le conte musical La Légende d’Eboa King. L’espace jeunesse leur réserve d’autres surprises, notamment des animations et des ateliers créatifs autour de la lecture, du conte, du masque ou encore de la bande dessinée.

Un programme riche, varié et accessible à tous, qui prouve que le métissage a de beaux jours devant lui et qu’à près de quarante printemps, le festival qui lui est consacré n’a pas pris une ride !

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